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Cette semaine, le chantier mobile est l’invité de La Grande Exploration organisée par le Carré-Colonnes de Blanquefort et St Médard en Jalles . Le chantier mobile s’installait mercredi dans le parc de Majolan à Blanquefort, près de la ferme de la Vacherie, pour sa station 8 intitulée Les sentiers de l’utopie : From Now Here : un sujet cher à la commune d’accueil qui consacrait une année entière, sur 2009/2010, à la thématique « Blanquefort utopise », clôturée par l’évènement Les 1001 Utopies à la Vacherie. Le chantier mobile intervient également vendredi 23 septembre allée du Pont Rouge à St Médard en Jalles pour sa station 9 autour du thème de L’agriculture urbaine.
PREFIGURATION
La station 8 débutait par la présentation du projet de la ferme de la Vacherie introduit par Vincent Feltesse (Maire de Blanquefort) et développé par Christophe Hutin (Architecte). La municipalité de Blanquefort et l’équipe de Christophe Hutin, entouré de spécialistes de l’agriculture et du paysagisme, travaillent ensemble à la reconversion d’un lieu unique afin de « réenchanter » un espace rural en plein ville. Au sein de ce projet architectural inédit, construction et réflexion adviennent ensemble pour générer une revalorisation de la « vraie » vie de la ferme avec un réalisme de viabilité et offrir un lieu de vie cohérent avec les besoins et désirs de la population locale. Le projet de la ferme s’élabore au fil des expériences et des rencontres, dans un respect de l’identité initiale du territoire et une mise en perspective du temps essentiel du chantier où chaque étape du processus contribue sans cesse à façonner les lieux. Cette construction collective et progressive est d’ores et déjà rendue publique par des manifestations culturelles et des ateliers. En plus d’un travail de réhabilitation de l’exploitation agricole, sont envisagés par exemple des espaces de rencontres, de formation, de concerts, de repas, des serres horticoles, l’hébergement d’associations comme l’AMAP de Blanquefort… le tout dans un esprit de sérénité, de respect et de partage des savoirs enclin à rendre réalisable autant qu’à faire perdurer cette utopie collective d’un « ailleurs de proximité ».
TEMOIN
La Passerelle est une épicerie sociale et un point d’accueil située sur Blanquefort. Elle réalise l’exploit de fonctionner depuis maintenant 14 ans, essentiellement grâce à l’investissement de bénévoles. L’association propose un atelier cuisine, un atelier pour les enfants et un autre dédié à l’apprentissage de la langue française. Elle est aujourd’hui établie dans un espace municipal qui lui garantit de bonnes conditions d’accueil, un point essentiel de son activité. La Passerelle comprend trois personnes salariées et accueille aujourd’hui une cinquantaine de familles.
ECHANGE
Les participants à la discussion qui suivait autour du thème de l’Utopie étaient Alpage (Atelier de paysage en partage de Bordeaux composé par Benjamin Chambellan et Stéphane Duprat, paysagistes), John Cant (domaine de Beauchamps, représentant du réseau des WWoofers), Les Héliographes (Benjamin Cornut, (sociologue) et Glenn Mainguy (photographe), artistes), Michèle Sales (écrivain), UTO (fondateur des « Guerriers de l’Arc en Ciel », communauté de vie installée sur l’ Aigoual Sud), Vincent Jacob (Les Hameaux de Léognan, cf. station 6, Bègles).
L’échange a débuté par la lecture du texte sur l’utopie rédigé par Bruce Bégout pour le projet Racines Urbaines présenté aux Abattoirs dès le 6 octobre prochain à l’occasion d’EVENTO 2011. Cette introduction lançait les intervenants sur une possible définition de l’utopie, une notion qui habite chacun d’entre nous mais que nous avons souvent du mal à saisir. Alpage et Michèle Sales sont revenus sur ce phénomène en expliquant leurs démarches de clarification et d’ouverture de la notion d’utopie durant « Blanquefort utopise », afin que chacun s’autorise à imaginer son propre ailleurs. Il s’agissait durant cette discussion d’avancer l’hypothèse que, en pleine période de crise généralisée, l’utopie pouvait être un remède salvateur pour tous et devenir – pourquoi pas – réalisable. UTO et Vincent Jacob se sont faits les témoins de démarches concrètes pour rendre ces autres mondes possibles. Bien que Les Hameaux de Léognan et le Village Arc-en-Ciel soient des initiatives différentes, les deux intervenants se rejoignaient aisément sur certaines valeurs fondamentales pour donner vie à ces autres mondes : un respect de la différence et de l’individu au sein du groupe, un mode de vie qui se réalise dans l’action et l’entraide, une prise de liberté consistant à vivre comme on le rêve, au-delà des barrières érigées par l’ordre établi : « A un moment où le néo libéralisme enterre l’utopie, il y a urgence à ce que chacun la remette en marche à sa manière » (Vincent Jacob), « Je vois l’utopie comme un moteur à énergie libre » (UTO). S’ajoutait à leurs expériences la présentation de John Cant sur le WWoofing, une organisation visant à favoriser l’entraide et le partage des savoirs par la création d’échanges entre villes et campagne : ces échanges permettent à des bénévoles de découvrir les activités de la ferme, de l’agriculture et du jardin. Ils sont nourris et logés en contre partie de leur aide sur le terrain. Cette initiative s’est aujourd’hui étendue à 89 pays. Les Héliographes ont conclu cet échange par l’évocation d’une utopie du passée, celle des kolkhozes en Russie sur lesquels ils revenaient plus tard dans la soirée…puis Michèle Sales nous a réjouis par la lecture d’un passage d’Utopie, l’ouvrage réalisé à la suite de « Blanquefort utopise ».
ILLUSIONS
1. Restitution d’exploration : projet de l’agence Touriste, Mathias Poisson + l’Agence de Géographie Affective et Radio Grenouille. Depuis le samedi 17 septembre, jour d’ouverture de la Grande Exploration par une randonnée pédestre qui accueillait 150 personnes, les artistes se sont livrés à une exploration du territoire des Jalles. Ils arrivaient mercredi sur leurs vélos pour embarquer le public dans un récit- performance hétéroclite et envolé retraçant les différentes missions confiées aux promeneurs par les deux agences, les témoignages et ambiances sonores saisis par Radio Grenouille, les cartes postales poétiques de Mathias Poisson, une mémoire corporelle de l’exploration… : un mélange des genres et des sensibilités qui insufflait de la magie à un territoire, alors à même de s’incarner dans l’imagination de chacun.
2. Sonores : Rafaël Bernabeu (eportmusic.com) et Thomas Bouniort nous offraient, le temps d’un repas préparé par les soins de Mamalupa, d’autres mondes possibles au travers de leurs Uphonies, des compositions sonores mêlant instruments de musique et création électronique live.
ILLUSTRATIONS
Les Héliographes sont revenus plus longuement sur leur projet Traité d’architecture fonctionnel(le). Que reste-t-il des kolkhozes aujourd’hui ? Les deux jeunes artistes livraient en paroles et en images le récit de leur voyage dans un passé soviétique. Leur exploration in situ leur a permis de dresser un état des lieux sur les restes d’un système de production collectif et un mode de vie rural placé au cœur d’une organisation économique et sociale inédite pour l’époque. Au fil de leur questionnement sur une utopie passéiste ambigüe, ils ont finalement accédé progressivement à cette « autre Russie » : celle qui, loin des villes, malgré une certaine misère et sur un territoire fait des ruines de son histoire, conserve la vivacité de l’âme russe et vit un quotidien au plus près des valeurs rurales que bien d’autres tentent de retrouver de par le monde.
La station 8 s’est achevée dans la plénitude colorée des photos du Village Arc-en-Ciel dont UTO a su transmettre les valeurs et les rêves autant que faire la démonstration d’un ancrage dans le réel. Du nomadisme des débuts aux commodités de vie prodigieuses de simplicité, de l’investissement dans de nombreuses causes à la communion de l’être avec la nature et son prochain, les « Guerriers de l’Arc-en-Ciel », en réponse à la promesse d’un avenir sombre pour l’humanité, s’attèlent à conjuguer au présent un monde meilleur, nous rappelant que le futur est une urgence imminente que nous nous devons tous d’imaginer maintenant.
Stéphanie Dauget
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La station 8 débutait par la présentation du projet de la ferme de la Vacherie introduit par Vincent Feltesse (Maire de Blanquefort) et développé par Christophe Hutin (Architecte). La municipalité de Blanquefort et l’équipe de Christophe Hutin, entouré de spécialistes de l’agriculture et du paysagisme, travaillent ensemble à la reconversion d’un lieu unique afin de « réenchanter » un espace rural en plein ville. Au sein de ce projet architectural inédit, construction et réflexion adviennent ensemble pour générer une revalorisation de la « vraie » vie de la ferme avec un réalisme de viabilité et offrir un lieu de vie cohérent avec les besoins et désirs de la population locale. Le projet de la ferme s’élabore au fil des expériences et des rencontres, dans un respect de l’identité initiale du territoire et une mise en perspective du temps essentiel du chantier où chaque étape du processus contribue sans cesse à façonner les lieux. Cette construction collective et progressive est d’ores et déjà rendue publique par des manifestations culturelles et des ateliers. En plus d’un travail de réhabilitation de l’exploitation agricole, sont envisagés par exemple des espaces de rencontres, de formation, de concerts, de repas, des serres horticoles, l’hébergement d’associations comme l’AMAP de Blanquefort… le tout dans un esprit de sérénité, de respect et de partage des savoirs enclin à rendre réalisable autant qu’à faire perdurer cette utopie collective d’un « ailleurs de proximité ».
TEMOIN
La Passerelle est une épicerie sociale et un point d’accueil située sur Blanquefort. Elle réalise l’exploit de fonctionner depuis maintenant 14 ans, essentiellement grâce à l’investissement de bénévoles. L’association propose un atelier cuisine, un atelier pour les enfants et un autre dédié à l’apprentissage de la langue française. Elle est aujourd’hui établie dans un espace municipal qui lui garantit de bonnes conditions d’accueil, un point essentiel de son activité. La Passerelle comprend trois personnes salariées et accueille aujourd’hui une cinquantaine de familles.
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La station 8 débutait par la présentation du projet de la ferme de la Vacherie introduit par Vincent Feltesse (Maire de Blanquefort) et développé par Christophe Hutin (Architecte). La municipalité de Blanquefort et l’équipe de Christophe Hutin, entouré de spécialistes de l’agriculture et du paysagisme, travaillent ensemble à la reconversion d’un lieu unique afin de « réenchanter » un espace rural en plein ville. Au sein de ce projet architectural inédit, construction et réflexion adviennent ensemble pour générer une revalorisation de la « vraie » vie de la ferme avec un réalisme de viabilité et offrir un lieu de vie cohérent avec les besoins et désirs de la population locale. Le projet de la ferme s’élabore au fil des expériences et des rencontres, dans un respect de l’identité initiale du territoire et une mise en perspective du temps essentiel du chantier où chaque étape du processus contribue sans cesse à façonner les lieux. Cette construction collective et progressive est d’ores et déjà rendue publique par des manifestations culturelles et des ateliers. En plus d’un travail de réhabilitation de l’exploitation agricole, sont envisagés par exemple des espaces de rencontres, de formation, de concerts, de repas, des serres horticoles, l’hébergement d’associations comme l’AMAP de Blanquefort… le tout dans un esprit de sérénité, de respect et de partage des savoirs enclin à rendre réalisable autant qu’à faire perdurer cette utopie collective d’un « ailleurs de proximité ».
TEMOIN
La Passerelle est une épicerie sociale et un point d’accueil située sur Blanquefort. Elle réalise l’exploit de fonctionner depuis maintenant 14 ans, essentiellement grâce à l’investissement de bénévoles. L’association propose un atelier cuisine, un atelier pour les enfants et un autre dédié à l’apprentissage de la langue française. Elle est aujourd’hui établie dans un espace municipal qui lui garantit de bonnes conditions d’accueil, un point essentiel de son activité. La Passerelle comprend trois personnes salariées et accueille aujourd’hui une cinquantaine de familles.
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L’échange a débuté par la lecture du texte sur l’utopie rédigé par Bruce Bégout pour le projet Racines Urbaines présenté aux Abattoirs dès le 6 octobre prochain à l’occasion d’EVENTO 2011. Cette introduction lançait les intervenants sur une possible définition de l’utopie, une notion qui habite chacun d’entre nous mais que nous avons souvent du mal à saisir. Alpage et Michèle Sales sont revenus sur ce phénomène en expliquant leurs démarches de clarification et d’ouverture de la notion d’utopie durant « Blanquefort utopise », afin que chacun s’autorise à imaginer son propre ailleurs. Il s’agissait durant cette discussion d’avancer l’hypothèse que, en pleine période de crise généralisée, l’utopie pouvait être un remède salvateur pour tous et devenir – pourquoi pas – réalisable. UTO et Vincent Jacob se sont faits les témoins de démarches concrètes pour rendre ces autres mondes possibles. Bien que Les Hameaux de Léognan et le Village Arc-en-Ciel soient des initiatives différentes, les deux intervenants se rejoignaient aisément sur certaines valeurs fondamentales pour donner vie à ces autres mondes : un respect de la différence et de l’individu au sein du groupe, un mode de vie qui se réalise dans l’action et l’entraide, une prise de liberté consistant à vivre comme on le rêve, au-delà des barrières érigées par l’ordre établi : « A un moment où le néo libéralisme enterre l’utopie, il y a urgence à ce que chacun la remette en marche à sa manière » (Vincent Jacob), « Je vois l’utopie comme un moteur à énergie libre » (UTO). S’ajoutait à leurs expériences la présentation de John Cant sur le WWoofing, une organisation visant à favoriser l’entraide et le partage des savoirs par la création d’échanges entre villes et campagne : ces échanges permettent à des bénévoles de découvrir les activités de la ferme, de l’agriculture et du jardin. Ils sont nourris et logés en contre partie de leur aide sur le terrain. Cette initiative s’est aujourd’hui étendue à 89 pays. Les Héliographes ont conclu cet échange par l’évocation d’une utopie du passée, celle des kolkhozes en Russie sur lesquels ils revenaient plus tard dans la soirée…puis Michèle Sales nous a réjouis par la lecture d’un passage d’Utopie, l’ouvrage réalisé à la suite de « Blanquefort utopise ».
ILLUSIONS
1. Restitution d’exploration : projet de l’agence Touriste, Mathias Poisson + l’Agence de Géographie Affective et Radio Grenouille. Depuis le samedi 17 septembre, jour d’ouverture de la Grande Exploration par une randonnée pédestre qui accueillait 150 personnes, les artistes se sont livrés à une exploration du territoire des Jalles. Ils arrivaient mercredi sur leurs vélos pour embarquer le public dans un récit- performance hétéroclite et envolé retraçant les différentes missions confiées aux promeneurs par les deux agences, les témoignages et ambiances sonores saisis par Radio Grenouille, les cartes postales poétiques de Mathias Poisson, une mémoire corporelle de l’exploration… : un mélange des genres et des sensibilités qui insufflait de la magie à un territoire, alors à même de s’incarner dans l’imagination de chacun.
2. Sonores : Rafaël Bernabeu (eportmusic.com) et Thomas Bouniort nous offraient, le temps d’un repas préparé par les soins de Mamalupa, d’autres mondes possibles au travers de leurs Uphonies, des compositions sonores mêlant instruments de musique et création électronique live.
ILLUSTRATIONS
Les Héliographes sont revenus plus longuement sur leur projet Traité d’architecture fonctionnel(le). Que reste-t-il des kolkhozes aujourd’hui ? Les deux jeunes artistes livraient en paroles et en images le récit de leur voyage dans un passé soviétique. Leur exploration in situ leur a permis de dresser un état des lieux sur les restes d’un système de production collectif et un mode de vie rural placé au cœur d’une organisation économique et sociale inédite pour l’époque. Au fil de leur questionnement sur une utopie passéiste ambigüe, ils ont finalement accédé progressivement à cette « autre Russie » : celle qui, loin des villes, malgré une certaine misère et sur un territoire fait des ruines de son histoire, conserve la vivacité de l’âme russe et vit un quotidien au plus près des valeurs rurales que bien d’autres tentent de retrouver de par le monde.
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