C’EST A CE PRIX QUE NOUS MANGEONS DU SUCRE
26 septembre 2011 dans Blog

Du 6 octobre 2011 au 23 janvier 2012, le Musée d’Aquitaine présentera, dans le cadre des Racines Historiques d’EVENTO 2011, une exposition collective « C’est à ce prix que nous mangeons du sucre » sur le thème de l’esclavage moderne. Les artistes William Kentridge, Pascale Marthine Tayou, Marzia Migliora, Shilpa Gupta, Wael Shawky et Michael Blum participent à ce projet.
Judith Wielander, commissaire associée et François Hubert, Directeur du Musée d’Aquitaine reviennent sur l’essence même de cette exposition.
Judith Wielander : « L’exposition s’inspire d’une citation de Voltaire tirée de Candide (1759), où le philosophe dénonce la cruauté quotidienne que subissent les esclaves dans les plantations. Une position critique exprimée par de nombreux représentants de l’Europe des Lumières et qui sera à la base des valeurs universelles sur lesquelles est fondée notre société.
L’abolition officielle de l’esclavage ne date que de 1865.
La ligne noire, qui traverse l’histoire de manière dramatique, faite de l’exploitation aveugle des hommes et des biens, pour l’enrichissement d’une partie minoritaire et puissante de l’humanité au détriment des autres, ne s’est jamais arrêtée.
La traite des esclaves et le commerce colonial ont produit une accumulation du capital, qui a rendu possible les investissements nécessaires au développement de la révolution industrielle du XIXe siècle.
La main d‘œuvre pressurisée par l’esclavage s’est transformée en travail forcé ou à bas coût.
Cette page de l’histoire s’écrit toujours, dans la clandestinité et sous de nouvelles formes alimentées par divers systèmes économiques transnationaux.
Les politiques économiques globalisées, toujours plus sophistiquées, voudraient rendre invisibles les mécanismes de cette exploitation. Notre opulence est aujourd’hui encore la flagrante négation de ces valeurs solidaires qui devraient être le fondement constitutionnel de notre être au monde.
Dans l’exposition, six artistes internationaux William Kentridge, Pascale Marthine Tayou, Marzia Migliora, Michael Blum, Shilpa Gupta et Wael Shawky tissent un lien, direct ou indirect, entre les collections du musée , un lien qui analyse du point de vue historique et anthropologique, par des visions éclairantes et des éléments de réflexion sur notre société contemporaine, la traite des esclaves et le commerce triangulaire ».

François Hubert, Directeur Musée d’Aquitaine : “Avec de prestigieuses collections d’archéologie, d’histoire et d’ethnologie régionale et extra européennes, le musée d’Aquitaine présente sur 5000 m² l’histoire de Bordeaux et de sa région. Il est l’un des plus importants musées de patrimoine en région, mais se définit aussi comme un « musée de civilisation » qui interroge le passé pour répondre aux questions contemporaines. Les partenariats qu’il entretient avec les universités, les centres de recherche et de nombreux musées dans le monde en font un haut lieu de la diffusion des savoirs. Implanté géographiquement au coeur de la ville, entretenant des relations étroites avec les différentes communautés qui la compose, il s’est toujours fait l’écho de cette formidable diversité culturelle et religieuse qui anime Bordeaux.
Le choix de Michelangelo Pistoletto de faire du Musée d’Aquitaine un lieu « racines », ré-affirme le désir de transversalité qui caractérise ce musée depuis de très nombreuses années. De Lascaux à Evento, toutes les passerelles jetées par les artistes contemporains sont autant de preuves de l’éternel recommencement du cours de l’histoire et de l’art.
Le service des publics par l’attractivité et la force de ses propositions pédagogiques et culturelles accueille un public très important et fait de ce lieu un des Musées en région des plus dynamiques et des plus fréquentés, dans une ville classée au patrimoine mondial de l’UNESCO.
Un service culturel, est un service qui s’adresse au public adulte. Il est un complément indispensable aux expositions et à l’actualité du musée dans ses propositions des plus attractives : tels les conférences, concerts, films, colloques, évènements divers. Ainsi le public ne se retrouve pas dans une attitude passive, mais participe activement à la programmation culturelle qui lui donne les clefs indispensables à la lecture des expositions. Les expositions transversales organisées par le Service Culturel dans les collections permanentes d’histoire et d’archéologie veulent donner un nouvel éclairage aux œuvres en les confrontant à des artistes contemporains, ou à d’autres pièces en provenance de collections aussi différentes que celle du Muséum d’histoire naturelle, du Musée des Beaux arts, du Jardin Botanique. »
Exposition gratuite du 6 au 16 octobre.

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